Dimanche 20 juillet 2008

Ma mère me dit ce soir, au moment de partir pour le pique-nique, parlant de Petit Dernier "oh, pauvre petit père, je ne sais pas si c'est une bonne idée de l'emmener", et moi, qui n'en croit pas mes oreilles tellement c'est inespéré "ah bah, oui, c'est certain, mieux vaut qu'il reste au calme à la maison, t'en fais pas, je me dévoue, je reste".
Et voilà, petit miracle : je suis seule (ou presque, patate relou dort) pour la soirée.
Bon ben c'est pas tout ça, mais j'ai faim, je m'en va me faire à manger. Me voilà à explorer les placards de ma mère. Merde, c'est pas vrai...dans les placards, moultes bocaux aux contenus incertains...des graines de toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les couleurs...ça se mange ça ? Ma mère est une hystèrique du bio, elle ne pense que bio, ne vit que bio...Bon, tout ça c'est bien joli, mais j'ai faim moi, et ces graines bizarres, là, déja c'est pas dit que ce soit comestible (bon, j'imagine que si c'est dans son placard, c'est que oui), mais en plus, ça a pas l'air de nourrir son homme. Sa femme en l'occurence ( m'enfin "nourrir sa femme", ça sonne bizarre quand même, non ?). Ah ! Sauvée ! Là, dans un recoin, un fond de bocal rempli de trucs qui ressemblent à des pâtes. Bon, elles sont marronnasses, z'ont pas l'air très catholiques, m'enfin au stade o% j'en suis, je vais pas faire la difficile. Tiens, comme c'est un peu la fête ce soir, je vais aussi me faire des oeufs sur le plat (bon, les oeufs ressemblent bien à des oeufs, enfin un truc de normal).
Bon, ça cuit, c'est long, mais rhaaaa, je suis seule, quel luxe, juste Petit Dernier qui dort dans le fauteuil.
Les pâtes sont prêtes, ou est le gruyère ? Des pâtes sans gruyère, c'est pas des pâtes. Voyons voir dans le frigo...Du fromage de chèvre...du fomage de chèvre...encore du fromage de chèvre (ici, c'est le pays du fromage de chèvre, à renommée nationale, certes, mais moi, j'aime pas). Ah ! Ca y est...ce truc tout dur, là, c'est quoi ? Pas du gruyère, c'est certain, ça sent les pieds en plus, mais bon, il faut savoir faire des compromis parfois. On s'en contentera. J'en coupe des lamelles à l'arrache, je mets dans mes pâtes, voyons, voir, quoi d'autre ? Du sel, j'ai pas mis de sel, voilAaaaargh !...Horreur ! ( d'effroi, j'ai renversé trois tonnes de sel dans l'assiette ): un couinement de plus en plus intense se fait entendre en provenance du fauteuil. Non mon fils, non, tu n'as pas le droit de me faire ça; la tétine, vite, ou est cette saleté de tétine ? Comment ça t'en veux pas, oh, arrête d'hurler, ça va, ça va, je te prends.... Lààà, ça y est, ca va mieux ? Bon, je te repose, hein, faut que j'aille manger, et puis moi ce soir, j'ai décidé d'être tranquille, tu peux comprendre hein? Ouuuh, ben non, apparemment tu comprends pas, mais c'est pas possible cet enfant, jamais vu un bébé pousser des cris aigus pareils, limite ultra-sons, on serait en pleine mer, sûr qu'on serait assaillis par un banc de baleines en transe. Ok ok, c'est bon, je me rends....
J'attrape mon loustic sous le bras, résignée, je mange mes pâtes debout directement dans la casserole, elles sont froides et trop salés, avec de gros bouts de fromage qui pue, c'était pas exactement ce que j'avais envisagé, mais tant pis. Je vais me rattraper avec les oeufs sur le plat. Mais là, problème : vous avez déja essayé de manger des oeufs sur le plat avec un bébé cramponné à votre bras, tel un koala à sa branche d'eucalyptus ? Pas facile, je vous assure. D'autant que le dit koala s'est remis à hurler: dans la panique, j'abandonne la fourchette, je saisis le blanc d'oeuf directement à la main, je déchiquette comme je peux, c'est gore, y'en a partout, le koala hurle, le luxe et le calme sont bien loin....

J'ai passé la fin de la soirée à faire des massages ventraux à mon nourisson, qui souffre de coliques le pauvret, je lui pardonne. Mais quand mon fils ainé est rentré et qu'il m'a raconté, très fier, qu'il n'avait rien pêché, mais que, "quand même, il devait y avoir du poisson, vu que les asticots étaient tout machouillés sur l'hameçon quand on relevait la ligne", j'ai trouvé ça presque bucolique, voyez, limite je regrettais de ne pas y être allé. C'est dire...

Par Didine
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Samedi 19 juillet 2008

Et si j'écrivais ici un nouvel article ? Hein, ça serait pas très rigolo comme idée ?

Faut dire que là je suis toute seule, et que j'en éprouve un grand soulagement. Ca ne va pas durer d'ailleurs, je tend l'oreille, ma mère ne va pas tarder à revenir des courses avec ma fille, mon père avec mon fils, aucun bruit ne vient de l'étage, le petit dernier doit dormir.
Et je suis là, à errer dans la maison de mes parents, à me dire "bon sang ce que j'aimerais être seule quelques heures, allez, quoi, c'est pas grand chose quelques heures". Me demande parfois si je suis faite pour être mère de famille nombreuse, enfin, je me dis assez souvent que non en fait. Par contre, mon gros souci, c'est qu'à la vérité, je ne sais pas du tout pourquoi je suis faite. Est ce qu'on est forcément fait pour quelque chose d'ailleurs ?
Merde, bruit de voiture sur les graviers, je vais pas pouvoir disséquer cette intéressante question (Hein ? Hein, qu'elle était intéressante ma question ?) faites que ce soit la voiture des voisins... Ah non, petit pas qui courent dans l'allée, c'est ma fille qui revient avec sa grand mère....

Ouf, fausse alerte, elles sont reparties à la boulangerie. Mais entre temps, j'ai hérité de la patate relou, alias Petit Dernier, qui voulait pas faire dodo, et c'est pas hyper simple de taper sur un clavier avec une patate relou dans les bras.

Me promenais dans le jardin de mes parents tout à l'heure, et je me disais que dans ce lieu, paradoxalement, j'y ai souffert adolescente, pour cause d'incompatibilité familiale, mais en même temps, c'était quand même l'époque où je faisais des tas de choses. Aujourd'hui je ne fais plus rien. Des vagues projets qui émergent régulièrement, tels que meuble de chevet en carton pour ma fille, dessus de table basse en céramique, gilet en tricot pour Petit Dernier, et, voyons voir, j'en oublie certainement, mais ça n'a finalement que peu d'importance puisqu'il n'y a jamais de passages à l'acte. Sans compter, évidemment, la fabuleuse oeuvre littéraire qui, n'en doutons pas, viendra en temps voulu. Hum...(Petit Dernier s'agite dans mes bras, il aime pas bien le bruit des touches du clavier. Accroche toi mon fils, des contrariétés, t'as pas fini d'en avoir).

Ces temps derniers, à part me demander si la vie de couple c'est vraiment fait pour moi (pas de réponse à ce jour, mais je laisse courir, j'imagine que c'est la moins pire des solutions. "Quoi ? Comment ça  la moins pire des solutions ?" vous insurgez-vous. "Mais mais mais, et l'amour dans tout ça ?" Ah, l'amour, concept incertain s'il en est, l'amour ça va ça vient, l'amour au quotidien achoppe sur une bête histoire de plat non remué qui accroche à la poêle, après on fait des trucs dans un lit et on s'accroche à l'autre en lui disant qu'au fond on l'aime très fort, et puis on se relève et on se redispute, bon bref, c'est pas très clair tout ça), ces temps derniers donc, j'ai rien fait...

La patate relou n'en finit pas de s'endormir et de se réveiller dans mes bras. Je me demande ce qui peut bien se tramer dans sa tête de minuscule petit garçon, certainement pas grand chose, mais à un mois et cinq jours on ne lui demandera pas non plus de réflechir au sens de la vie, et puis il y a déja sa mère qui s'en charge. Elle le fait pas super bien, mais elle s'en charge, elle prend même sa tache hyper à coeur. Elle ferait mieux d'aller tricoter à vrai dire, ce serait certainement plus constructif, et puis au moins son fils aurait un gilet à se mettre, mais bon.


Par Didine
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Mercredi 16 janvier 2008

Bon allez, je m’accorde huit minutes top chrono. Huit minutes.
L’aut’ y vient, il me dit « alors c’est bon, vous avez tout bien fait comme indiqué dans mon mail ? »« Gnéé, un mail, quel mail ? Ah ouais, euh ben non, non, j’ai rien fait, ça fait deux heures que j’arrive pas à rassembler mes idées, alors pensez bien, hein, vot’mail… »
J'y arrive pas aujourd’hui, pouvez pas comprendre ça ? Tenez, comme il m’a tout de même fait culpabiliser ce con (bon, en même temps, c’est vrai que je suis un peu payée pour faire ce qu’il me dit dans ses mails), je suis partie m’acheter un sandwich à la cafèt’, histoire de manger rapidement et de rattraper le temps perdu. Non non m’attendez pas les copines, aujourd’hui je mange pas avec vous, j’ai pas le temps, j’ai trop de taff. Tu parles Charles, c’est juste que j’ai du mal et puis c’est tout. D’ailleurs, même la dame de la cafèt’ elle a du le sentir. « Alors madame, vous prenez quoi ? » « Ooooh, mais pourquoi ils s’y mettent tous ?... Mais j’en sais rien de ce que je prends, j’en sais rien. Comment ça y’a 15 personnes qui attendent derrière moi ? M’en tape complètement, si vous saviez. Bon allez, ce truc, là, devant moi. Ouais, le machin avec le bout de salade qui dépasse. Parfait. Et puis mettez-moi un yaourt. Et puis un muffin aussi, c’est que j’ai faim, faut que je mange. Hein, quoi ? Ah oui, bonne journée, c’est ça tiens. Au revoir madame. »
Ah merde, les 8 minutes sont écoulées (je tape lentement aussi aujourd’hui, faut croire ça. Bon ben je vais essayer de revenir tout à l’heure.)
 
Bon voilà, ça y est, il est parti. Il avait un train à prendre, il avait pas l’air content en partant. J’ai intérêt à réassurer derrière (oui, j’ai tout de même un reste de scrupule professionnel).
 
Bon, mais du coup j’ai du mal là. Pourtant, depuis ce matin j’ai la tête pleine de grandes envolées, de bouts d’idées éparses que je n’avais qu’une envie, c’était de coucher sur le clavier (pfff…), avec ce style inimitable qui est le mien (ah ah). Et puis là…plus rien. Bordel, mais alors comment je fais pour ne pas le laisser agoniser trop longtemps, mon blog, hein ? Vous pouvez m’expliquer ça ?
 
(j’ai faim. Encore. J’ai envie de manger du chocolat. Il ne faut pas. Je dois stopper ma trop rapide métamorphose en éléphant de mer. J’aurais pu écrire sirène remarquez, sur le coup ça a plus de charmes, mais je sais pas si vous savez à quoi ressemble exactement une sirène, si non, cherchez « lamantin » dans google, et vous serez fixés.
(en gros ça donne ça :
 
 
 
  lamantin-copie-1.jpg
 
                                                                                                    )
 
 
 
(bon sang ce que ça me fiche un coup de regarder cette photo…)
 
Allez, tiens, tant pis. J’abandonne.
(en gros je vous donne l’idée générale : ça parlait d’amour et d’égoïsme, de peur, de liberté, de remise en cause, de transformation et de construction, de ce qui est acceptable, supportable, tolérable, et de ce qui ne l’est pas, de la difficulté de concilier le refus des contraintes et compromis avec l’envie de construire durablement, d’un amour qui peut être très fort et très profond tout en restant en équilibre permanent sur un fil, de la difficulté de communiquer, et encore de pleins d’autres trucs. A la place, vous avez eu une photo de lamantin, c’est peut être mieux comme ça, allez savoir…)
Par Didine
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Mercredi 5 décembre 2007
Alors voilà, comme d’habitude, je me lance dans un projet d’une envergure que je ne maîtrise pas, pour, bien évidemment, lâcher en cours de route.
Ouais…
Non parce que finalement, tenir le journal de bord d’Alfred, pardon, du Haricot (même moi j’arrive plus à suivre tellement c’est dense), ça aurait pu être possible, si seulement Alfred/le Haricot avait eu des trucs à dire. Mais enfin là, franchement, j’ai beau chercher, tendre l’oreille, tendre le ventre, rien…Rien de rien…Pas la moindre bricole à vous raconter sur la crevette (oui, enfin si, juste les nombreuses appellations ridicules dont je l’affuble, ce petit machin qui me pousse dans le dedans du bide).
Aujourd’hui j’en suis à deux mois et demi de grossesse, je suis pas loin d’avoir pris 4 kilos, tout va mal merci mais je m’accroche. J’ai les seins qui ont quadruplé de volume, c’est cool, ils franchissent le seuil d’une porte dix minutes avant que mon postérieur le franchisse à son tour. Lolo Ferrari is back, et croyez-moi, ça me fait pas super plaisir. Remarquez que si, bon, je pourrais peut être améliorer mes finances en posant pour les posters que les routiers accrochent dans leur cabine, quoiqu’en fait je sais pas exactement si les routiers accrochent véritablement des photos de dames toutes nues dans leur cabine, c’est peut être qu’une rumeur finalement. J'ai un tonton qui est routier, à l’occasion faudra que je lui demande. En même temps maintenant que j’y pense, je tiens pas spécialement à finir dans la cabine de Bébert, même en photo.
Et puis voilà que je voulais vous parler de mon bébé et que je me retrouve à évoquer des trucs dégueulasses (enfin dégueulasses, je me comprends hein, chacun son trip mais je tiens juste pas à y être mêlée), alors voyez, je sais pas bien quoi faire. 
Non...
Euh...
Bon...
Ah si ! E
n cherchant bien, je peux vous dire que là précisément, il est 14h35. Oui je sais, c’est violent dit comme ça, mais il faut s’y faire. C’est violent aussi pour moi, croyez-moi, surtout que j’ai une envie de dormir subite et irrépressible qui me submerge brutalement. Je sens que je ne vais pas tarder à vous quitter pour aller piquer un petit roupillon dans les chiottes, oui, c’est encore la solution la plus pratique que j’ai trouvé en cas de narcolepsie subite. Et puis c’est pas la peine de ricaner, hein, je me vois pas trop m’allonger sur la moquette en plein milieu de l’open-space, en demandant à mes collègues de faire moins de bruit. Alors les toilettes, c’est encore le seul havre de paix qu’il me reste dans cette boite, oui et ben on fait avec les moyens du bord, et puis si vous avez d’autres idées, plutôt que de vous moquer, faites passer.
Merci.
Par Didine
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Mardi 13 novembre 2007

Ca y est, je l’ai vu. C’est un haricot, avec des pattes. Plus exactement, pour ce qu’on a pu observer, avec une toute petite jambe, et un tout petit bras. Avec à côté, la vésicule bidule, qui lui sert de garde manger.
Non, vrai, c’était très rigolo à observer. Et puis, évidemment, ça fait une drôle d’impression. Même si c’est la troisième fois, la preuve est faite que des bébés, on peut en faire dix,  les sensations seront toujours intactes.
Etrange de me dire que j’ai là, en dedans, un petit haricot avec un petit truc qui palpite, toudoum, toudoum, toudoum (très très vite, 178 BPM, ca calme). Tenez, en ce moment même à cet instant précis, je sais que quelque chose palpite dans mon ventre, c’est le cœur de mon enfant (ouaaah…. Euh, non en fait, non, j’ai rien dit de niais finalement).
Du coup, je veux plus l’appeler Alfred. Me plaît plus ce nom de code, entre autre parce que je me dis que si c’est une fille, y’a aucune raison de l’appeler Alfred. Haricot, pour l’instant, c’est très bien.
Donc le Haricot se porte à priori comme un charme, quand on l’a vu, il a même fait un petit signe de son minuscule petit bras, et quand même, chapeau, c’est pas évident de faire coucou à ses parents quand on mesure 22 mm.
Ah et puis au fait : il est tout seul, finalement. C’est bien mieux comme ça, hein.  
Par Didine
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