Pour tout vous dire, je me suis fixé comme objectif d'écrire un article par jour sur ce blog jusqu'à mon départ, c'est à dire vendredi.
Ce soir, j'ai commencé à écrire ça :
Dans l'entrée, là, à quelques mètres de moi, il y a un poisson qui tourne en rond dans un seau de plastique rouge.
C'est le fruit de la pêche de mon fils aîné, une sorte de trophée, puisqu'il s'agit de sa toute première prise.
Le poisson tourne en rond, le long des parois du seau, et à voir son allure lymphatique, on sent bien qu'il n'en a plus pour très longtemps. Ma fille, régulièrement, vient lui jeter des morceaux
de pain, croyant naïvement participer à son rétablissement.
L'agonie du poisson est quelque chose que je supporte difficilement.
Je ne savais pas trop ou j'allais en fait, mais tant pis, je crois que je voulais faire un parallèle avec l'enfermement psychologique, pas un truc gai du tout en fait, mais après tout
personne n'a dit qu'il fallait toujours être gai.
Et puis j'ai entendu mon bébé crier.
Alors je suis monté à l'étage.
Il était là, dans son lit, à s'agiter, à donner des coups de pieds dans le vide, à tourner la tête frénétiquement.
Je l'ai pris, me suis allongée sur mon lit. Il me regardait avec ses grands yeux, qui ne regardent rien encore, qui me donnent l'impression d'être transparente, comme lorsqu'il sourit, que je
crois qu'il me sourit, et que l'instant d'après son visage est redevenu grave.
J'ai attendu qu'il se calme, et je sentais la fatigue m'envahir, je me disais "je dois redescendre, il ne faut pas que je m'endorme, je dois rester éveillée".
Et puis soudain, mon fils a émis un grognement, est devenu très rouge, et a poussé très fort.
Une odeur aigre-douce s'est répandu.
En soupirant, je me suis relevé, ait été chercher le nécessaire, et, lui tenant les jambes en l'air, ait fait ce que j'avais à faire.
Et puis je l'ai reposé dans son lit, il ne dormait toujours pas, mais cette fois il ne s'agitait plus.
Il était 23h15.
Je suis sortie de la chambre, ait descendu l'escalier, me suis assise devant l'ordinateur.
Et je suis là.
Aucun bruit n'émane plus de la chambre.
Mais je suis fatiguée. Vraiment fatiguée. Me relève dans quatre heures. Me relève dans huit heures.
Je voudrais avoir mille vies, pour pouvoir faire tout ce que j'ai envie de faire.
Je ne vous parlerais pas du poisson je crois. Pas ce soir. Et demain il sera mort. Il en aura fini de chercher l'issue, ou bien il l'aura trouvé d'ailleurs, allez savoir.
Moi, je vais dormir.