Non, mais, pour de vrai, vous m'avez pas cru quand je vous ai dit que je comptais écrire un article par jour ? Si ? Ah ah, naïfs que vous êtes (j'aime à interpeller
mes lecteurs, surtout quand ils sont quasiment inexistants : 25 hier, dont visiblement trois seulement savaient ce qu'ils faisaient là, les autres étant arrivés ici par des requêtes telles
que "je mange trop vite j'ai le ventre gonflé", ou "envie de grossir des seins que faire" - j'espère les avoir aidé dans leurs recherches, moi vous savez si je peux rendre
service, c'est avec plaisir. Mais je m'égare), je disais donc : naïfs que vous êtes, vous n'avez pas encore compris que moi, il suffit que je m'engage sur quelque chose pour que subitement
l'envie m'abandonne.
Non, en vrai ce n'est même pas une question d'envie, mais plutôt de sujet. Car comme le disait Hervé Bazin (hop, mot clé, demain 47 lecteurs de plus), sans un bon sujet, pas de bon texte. Et les
sujets se bousculent pas au portillon : prenez une journée comme aujourd'hui par exemple, ben j'ai beau creuser, je vois rien sur quoi rebondir. De toutes façons, j'ai passé la journée à essayer
de me faire oublier de tout le monde : genre, j'entends ma fille m'appeler, hop, je m'esquive au fond de la maison; mon fils déboule au coin de l'allée, hop je me cache derrière le
sapin; mon bébé pleure, ah, excusez-moi, mais j'ai une envie pressante, quelqu'un prend la relève ? Je suis une mère modèle, je sais ( "comment faire pour être une mère parfaite", hop, mot
clé, demain 58 lecteurs de plus).
Bref. Je pourrais evidemment vous parler de tout autre chose que de ma misérable petite vie. Mais malheureusement (pour moi, pour vous j'en sais rien), en bonne auto-centrée que je suis (ah, il
me plaît bien ce mot, depuis qu'on me l'a balancé récemment, je le lâche plus. Auto-centrée...ca jette, non ? En plus, hop, mot-clé "je suis auto-centrée et ma vie est un enfer", demain, 78
lectrices de plus), en bonne auto-centrée, donc, il faut que je parle de moi, de moi et encore de moi. Sinon, je me retrouve à ramer terrible, à chercher mes mots en tirant la
langue, à pas pouvoir aligner deux phrases sans trouver ça creux et totalement débile.
Bon, enfin tout ça pour dire que ce soir, eh beh pas d'article. Seulement une conclusion un peu inquiétante pour moi : en sachant que j'ai passé une bonne partie de la soirée, parce que
quand même, l'esquive ça dure qu'un temps, à porter mon petit dernier qui pleurait dans le kangourou; et à compter le nombre de fois où j'ai employé le mot "hop" dans ce texte : je
crois que je suis en train d'entamer une métamorphose pas franchement rassurante (marsupial, métamorphose, Kafka, hop hop hop).