Là si j'écris pas, voyez, c'est pas que j'ai rien à dire, c'est plutôt que ça fuse dans tout les sens, et que j'arrive pas du tout à organiser mon bordel
intérieur.
Il y a un peu plus de deux ans, j'étais sur un banc à Argenteuil, l'histoire était toute débutante. Il m'a demandé "tu voudrais d'autres enfants ? ", et moi "oui, pourquoi pas", j'avais déja les
deux miens, mais pourquoi pas. Il m'a dit "bon, on en fait encore deux, et on en adopte un", et comme on raconte toujours beaucoup de conneries dans les histoires d'amour qui débutent, j'ai
répondu "ah oui, chouette idée, je suis d'accord".
Après, il y a sept mois, est né notre petit à nous. Et puis, pas très longtemps après son arrivée, il m'a dit :
-Moi je voudrais encore un enfant avec toi
Ce à quoi j'ai répondu : "euh, ouais mais non, je suis désolée, je tiens pas ma parole, mais bon, là je peux plus, plus l'envie, plus le temps, plus le courage"
Lui : mais c'est horrible
Moi : ouais, ben qu'est ce que tu veux, on s'est rencontré trop tard, c'est la vie. On en aurait fait trois ensemble, ça aurait été chouette, mais là : les miens, le tien, le nôtre, ça fait
quatre, c'est déja bien, ça fait une petite tribu, ça suffit comme ça
Lui : mais c'est horrible (bis)
Et puis hier....Hier, je suis passé à la pharmacie, et j'ai eu la confirmation du soupçon terrible qui me hantait depuis plusieurs jours.
Là je sors d'une période horrible où j'ai alterné les moments où je me cognais la tête sur les murs, et où je restais statique, le regard dans le vide, à essayer de savoir ce que je devais
faire. Et je ne savais pas. Je ne savais pas. J'avais l'impression atroce que quelque soit ma décision, ce serait la mauvaise. Je ne voyais pas l'issue.
Et puis finalement, aujourd'hui, je me suis décidée. Forcément, c'est pas la solution rationnelle. C'est l'histoire de ma vie, ça, notez : j'ai passé le plus clair de mon temps à choisir les
chemins compliqués, les voies indirectes, les routes qui n'arrivent nulle part. Bon, là, on arrivera bien, mais c'est vraiment vraiment pas l'option la plus simple. C'est même carrément
insensé.
Parce que tout est insensé dans cette histoire : par exemple, les déplacements : avec cinq enfants, il va falloir récupérer un vieux bus de la RATP, je vois que ça. Les gens me
jetteront des pierres dans la rue "ah ah, la pauvre fille, passe sa vie à pondre des moutards, et la contraception alors, elle connaît pas ?". Ma mère, je l'entend d'ici "mais ma pauvre enfant,
tu veux nous tuer ton père et moi, hein, c'est ça, déja que tu sais pas t'occuper de ceux que t'as, faut encore que t'ailles en faire d'autre ?" ( j'adore ma mère).
Moi quand j'était petite, je voulais être une star du rock. Bon ben je mourrais pas étouffée dans mon vomi, j'aurais juste eu quatre mômes. Ce qui peut être rock n'roll aussi quand on y
pense, allez.
Et notre vie sociale ? Finie, terminée. Vous croyez que les gens vous invitent quand vous débarquez avec cinq mômes ? Détrompez-vous, hein, déja qu'à quatre enfants, on a droit aux sourires
narquois, du style "alors, ça va la colonie de vacances ?".
Et les loisirs, les sorties, les vacances ? Compliqués, avec notre bus de la RATP, nos trente kilos de bagages et nos cinq bambins.
J'ai reçu un mail de mon frère hier, qui m'envoyait quelques photos de son dernier périple, à Putao, au Nord de la Birmanie, aux confins de l'Himalaya:
Et nous, nous, nos périples, ça consiste à traîner nos marmots à Beaubourg voir une expo sur le futurisme:
(en
gribouillant sur ces photos, je me suis dit "mais pourquoi je fais ça ? Sont tous beaux, pourquoi je crabouille ?". M'enfin il paraît que ça se fait de masquer les visages, alors je m'adapte)
Bon, c'est l'aventure aussi, mais différente.
Allez, vaille que vaille....
En te voyant sur la photo, même avec les gribouillis sur la face, je crois me voir.
C'est beau. C'est du vivant, le sel de la vie. C'est du boulot, aussi, sûr. Du sacrifice...pas de voyage sur les routes du monde avant longtemps, mais un sacré voyage quotidien au plus épais d'une famille comme disait chépuqui.
Et puis maintenant les miens ils sont tous partis, en couple, avec des enfants à leur tour, et on se retrouve à deux pour une troisième vie.
La différence entre toi et moi, c'est qu'à cette époque-là on n'avait pas trop le choix. Merci Madame Veil. Grâce à elle tu sais que c'est vraiment toi qui a choisi de l'avoir, le cinquième !
Je te souhaite plein de bonheur, de bisous, et de petits coeurs.
(moi, j'ai honte, mais mon quatrième n'est même pas encore arrivé que je me surprends à penser déja avec envie à la troisième vie dont tu parles !...Hum !...)
Je pense que la vie nous pose rarement de vrais problèmes. C'est nous qui nous compliquons la vie à plaisir.
Tu es un sage toi Saoulfifre...Peut être bien que tu as raison quand tu dis que la vie nous pose rarement de vrais problèmes, mais parfois, t'as quand même bien cette impression (enfin moi je l'ai. Ou peut être que je me la complique, ouais, possible...).
Pour le 9 places, c'est une idée, nous on a une 7 places, qui s'avère très malcommode. Merci du tuyeau !
Maximus, stupéfait.
(Et cette dérision...Bravo Dine!)
!!!! (Ouais hein !)
(et merci !)
Et je trouve que ta décision est hyper rock'n roll attitude. Hyper
C'est gentil, pour la rock'n roll attitude. A ce stade, je vois plus trop en quoi c'est rock'n'roll, mais c'est gentil !...
T'en a déjà quatre.. c'est que tu aimes en avoir.
Alors, un de plus, un de moins, ça va pas changer grand chose à ta vie, ne te fais pas de soucis.
S'il est là.. c'est peut-être que tu en avais envie.
Si tu n'en voulais pas.. tu sais très bien ce qu'on pouvait faire avant ou après.
Allez ! haut les coeurs ! moi j'adore les bébés et les familles nombreuses.
Et puis, je vis en Afrique, alors, en Afrique, la notion de famille...
T'es vraiment classe tu comprends
Pas de nouvelle, bonne nouvelle !
Je pense à toi de temps en temps...Dis, tu nous reviendras un de ces jours, j'espère ! Je voudrais bien savoir...
merde, tiens!
(et puis j'aime bien ton pseudo. Moi quand j'étais jeune, j'adorais REM. Y'a sûrement pas de lien, hein, mais enfin voilà, c'est dit)
ou alors pas.
Et si mon com t'a fait plaisir, j'en rougis de bonheur, collègue !